Le 11 septembre 2020, mémoire de la Décollation de saint Jean-Baptiste, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, recteur de l’Institut des Hautes-Études Saints-Cyrille-et-Méthode, a célébré la Divine liturgie à l’église de la Décollation de Saint-Jean-Baptiste-aux-Bois. Cette église fait partie de l’ensemble architectural du métochion patriarcal de Tchernigov, dans les locaux duquel est installé l’Institut.

L’archipasteur célébrait avec le hiéromoine Paul (Tcherkassov), adjoint au recteur de l’Institut, et avec l’archiprêtre Alexis Martchenko, responsable de l’École doctorale.

Pendant la liturgie, des prières spéciales ont été dites pour la fin de l’épidémie de coronavirus.

A la fin de l’office, le métropolite Hilarion a prononcé une homélie :

« Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit !

Nous célébrons aujourd’hui saint Jean-Baptiste, prophète et précurseur du Seigneur, faisant mémoire du jour où il termina sa vie par le martyre.

Ces jours-ci, on m’a demandé pourquoi la décollation de saint Jean-Baptiste était-elle considérée comme une fête. Comment, s’interrogeait-on, fêter le fait qu’on ait coupé la tête à quelqu’un ?

D’une part, cette fête d’un ordre particulier s’accompagne d’un jeûne sévère, rappelant les jours liturgiques où l’on commémore la passion du Seigneur et Sauveur, ou le martyre de Ses disciples. D’autre part, les fêtes religieuses ne sont pas toujours la commémoration d’évènement solennels ou glorieux, mais souvent celle d’évènements tragiques d’un point de vue humain, qui ont, pourtant, manifesté la gloire de l’Église au cours des siècles.

Ce n’est pas un hasard, si saint Jean-Baptistse est considéré comme le dernier des prophètes et le premier des apôtres. Il s’inscrit dans la continuité des prophètes de l’Ancien Testament, des premiers prophètes à ceux du temps du roi Hérode. Avec lui s’achève la grande épopée du ministère prophétique ; il termine la longue liste des prophètes ayant annoncé le Seigneur Jésus Christ.

Chaque livre prophétique, en effet, est, à sa manière, une annonce du Seigneur et Sauveur. Leur rôle des prophètes consiste justement à parler du Christ, à annoncer aux hommes l’avènement du Messie, du Sauveur qui prendra sur Lui les péchés du monde et dont la passion et la mort seront rédemptrices. Le dernier d’entre eux fut Jean-Baptiste, qui désigna de son doigt le Seigneur en disant : « Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte les péchés du monde » (Jn 1,29). Il est aussi le premier des martyrs chrétiens, étant mort à cause de sa foi en Christ, parce qu’il proclamait la vérité divine sans crainte des autorités civiles, disant ce que Dieu devait leur annoncer.

C’est pourquoi ce jour est une solennité et une fête dans l’Église : commémorant un évènement affreux et tragique, nous fêtons en même temps la majesté de l’esprit humain, capable de lutter sans compromis pour la vérité.

Saint Jean-Baptiste, par son martyre, ouvre la longue liste des martyrs chrétiens, de ceux qui, au cours des siècles, ont manifesté leur fidélité au Christ sans craindre ni la mort, ni les persécutions, ni les tortures. Par leurs actes, ils ont montré que la puissance divine surpasse la faiblesse humaine,  que la foi est capable d’inspirer à l’homme des prouesses en cette vie terrestre et de lui ouvrir la porte de la vie éternelle.

Nous avons résolu de commencer l’année universitaire en pratiquant l’enseignement à distance. Nous avons pris cette décision voyant que, malheureusement, l’épidémie n’était pas terminée. Ces derniers jours, le nombre de nouveaux cas a augmenté. Les uns disent que c’est le début d’une deuxième vague, les autres le nient. Quoiqu’il en soit, le nombre de malades augmente.

Nos deux principales écoles de théologie, l’Académie de Moscou et celle de Saint-Pétersbourg, avaient rouvert leurs portes, pour immédiatement les refermer, des cas ayant été détectés parmi les étudiants. A l’Institut des Hautes-Études, nous avons décidé de ne pas nous hâter de reprendre l’enseignement sous sa forme traditionnelle. Nous faisons régulièrement le point sur la situation pour pouvoir rouvrir dès que possible (…)

Chers pères, frères et sœurs, j’aimerais vous conseiller de vous faire vacciner contre le coronavirus, si vous le pouvez. (…) Certains disent bien que c’est trop tôt, qu’il vaut mieux attendre pour voir comment se comportera le vaccin. Mais ses effets ont déjà été étudiés un certain nombre de fois sur des volontaires. A l’heure actuelle, il est difficile de dire combien de temps il fait effet, est-ce deux ans, moins ou plus. Ce qui est certain, c’est que les risques du vaccin, qui continue à être testé sur des volontaires, ne sont pas comparables au risque de tomber malade, qui peut avoir pour n’importe qui les pires conséquences. J’estime donc que ceux qui peuvent se faire vacciner devraient en saisir l’opportunité. Chaque jour, des gens sont contaminés et meurent de cette maladie. Plus vite nous la vaincrons, mieux ce sera pour tous.

Comme toujours, j’aimerais aussi vous inviter à prier pour que ce fléau s’éloigne au plus vite. Le Seigneur nous envoie des épreuves, sans doute à cause de nos péchés et de nos faiblesses, pour renforcer notre foi. A chaque liturgie, nous prions pour que le fléau cesse. Je vous demande de prier à cette intention matin et soir.

Encore une fois, chers pères, frères et sœurs, je vous souhaite une bonne fête. Que la prière du Baptiste du Seigneur, du dernier prophète et du premier martyr chrétien, nous guide dans notre vie spirituelle et dans nos chemins de vie. Que le Seigneur vous garde ! »