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Le métropolite Hilarion : L’unité de tous les …

Le métropolite Hilarion : L’unité de tous les chrétiens est entre les mains de Dieu

Le 21 décembre 2019, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a répondu aux questions de la présentatrice de télévision Ekaterina Gratcheva, dans l’émission « l’Eglise et le monde » (Tserkov’ i mir), diffusée sur « Rossia-24 » les samedis et les dimanches.

E.Gratcheva : Bonjour ! Vous regardez l’émission « l’ Église et le monde », nous nous entretenons avec le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Bonjour, Monseigneur.

Le métropolite Hilarion : Bonjour, Ekaterina ! Chers frères et soeurs, bonjour.

(...)

E.Gratcheva : Monseigneur, suivant les dernières études effectuées par le Centre Levada, 84% des Russes veulent avoir des enfants, mais 9% d’entre eux font le choix de rester sans enfants. Est-ce peu ou beaucoup, à votre avis ? Que pensez-vous de la tendance qu’on appelle en Occident « childfree », consistant à faire le choix de ne pas avoir d’enfants ?

Le métropolite Hilarion : Je précise les chiffres qui ont été publiés : 27% des Russes veulent avoir un enfant, 55% en veulent deux ou plus, 7% veulent des enfants, mais ne savent pas combien, et 9% préfèrent ne pas avoir d’enfants du tout. Dans l’ensemble, il me semble que ce sont des chiffres positifs, puisque plus de la moitié des Russes pensent avoir deux enfants ou plus. Engendrer, continuer sa famille est un désir sain et naturel.

Quant au refus d’avoir des enfants, les raisons des 9% de répondants peuvent être très variées. Moi-même, en tant que moine, en tant qu’évêque, je n’ai pas le droit d’avoir d’enfants. Mais je le répète : 55% de personnes souhaitant avoir deux enfants ou plus est un chiffre qui donne de l’espoir. Seulement, tout dépend de ce qu’on entend par « ou plus ». Si 55% n’ont que deux enfants, la population diminuera brutalement, s’ils en ont trois, elle diminuera moins vite. La population ne connaîtra de croissance significative que si ces 55% ont respectivement 4 enfants ou plus. Il ne faut pas l’oublier.

E.Gratcheva : Monseigneur, pour aller dans le sens de la sauvegarde de la famille et de la protection des enfants dont les parents sont divorcés, le député de l’Assemblée législative de la région de Leningrad Vladimir Petrov a proposé d’interdire le remariage à ceux qui ne versent pas régulièrement de pensions alimentaires aux enfants issus d’un précédent mariage. Qu’en pensez-vous ?

Le métropolite Hilarion : Je ne soutiens pas cette initiative, je ne crois pas qu’il faille interdire aux gens de se marier. Par contre, si le parent qui a quitté la famille n’est pas décidé à payer la pension, il faut l’y obliger par voie judiciaire. Il peut y avoir différents moyens de pression, par exemple interdire la sortie du territoire, affecter une partie de sa paye à la pension, etc. Je ne pense pas qu’on puisse résoudre le problème en interdisant le remariage.

E.Gratcheva : Monseigneur, une pétition signée par des chrétiens de Russie, a été largement diffusée sur Internet. Elle demande la suppression de l’article 148 du Code pénal, qui prévoit des poursuites judiciaires contre les personnes ayant offensé les sentiments des croyants. Ils expliquent ainsi leur position : cet article n’aide pas tant les croyants qu’il discrédite la religion, présentée non comme une doctrine de miséricode, mais comme un culte agressif. Combien y a-t-il d’orthodoxes parmi les signataires de cette pétition ? Et qu’en pensez-vous ?

Le métropolite Hilarion : On ne sait pas très bien de quel groupe de chrétiens il s’agit, à quelle église ils appartiennent. Mais il existe aujourd’hui un certain consensus entre les religions traditionnelles en Fédération de Russie sur la nécessité de cet article du Code pénal. Non pas que l’Église ait besoin d’être défendue, qu’elle ne puisse exister sans la protection de la loi. Il a été adopté en réponse à certains actes, notamment des manifestations auxquelles les médias ont fait une large publicité.

A mon avis, les religions traditionnelles ne sont pas du tout prêtes à soutenir la pétition de ce groupe de personnes se disant chrétiennes. Au contraire, une pétition allant dans le sens contraire parmi les croyants de différentes confessions, recueillerait, je crois, des millions de signatures.

E.Gratcheva : Monseigneur, à Omsk, durant le mois dernier, des adolescents se sont mis à disparaître. En consultant les réseaux sociaux, les forces de l’ordre ont découvert un jeu à la mode en ce moment : « disparais un jour », « 24 heures de cache-cache ». Ces jeunes se sauvent de chez eux pour faire peur à leurs parents. Comment les parents peuvent-ils éviter que leurs adolescents s’éloignent d’eux ? Vaut-il la peine d’amener l’adolescent à un prêtre qui deviendrait son directeur spirituel ? Si cette initiative vient des parents, et non de l’adolescent lui-même, cela ne servira à rien ?

Le métropolite Hilarion : Cela peut marcher dans certains cas, mais si le jeune n’est pas prêt à écouter le prêtre, s’il est en rebellion, si on l’amène au prêtre en espérant que le prêtre étouffe la révolte, on risque d’obtenir le résultat inverse. Il faut qu’un contact personnel s’établisse entre le prêtre et l’enfant, qu’il sente dans le prêtre non quelqu’un qui défend les intérêts des parents, mais un ami.

Mais tous les prêtres n’en sont pas capables. Ensuite, tous les enfants ne sont pas assez ouverts pour échanger avec un prêtre. Le prêtre ne peut pas remplacer le psychothérapeuthe, le prêtre n’est pas un psychothérapeuthe. Les parents doivent s’efforcer de ne pas laisser leurs enfants se refroidir envers eux, voir venir la crise, éduquer leurs enfants non par la pression, la violence, la contrainte, mais par un contact confiant, amical. L’enfant doit pouvoir continuer à faire confiance à ses parents pour ne pas avoir envie de participer à un jeu de ce genre, parce qu’il n’aura pas envie de faire peur ou de blesser ses parents.

E.Gratcheva : Monseigneur, voici la fin de l’année 2019, et le magazine « Time » a, suivant la coutume, désigné « la personnalité de l’année », qui est l’écolière Greta Tumberg. Que pensez-vous de ce choix ? Si vous n’êtes pas d’accord, qui auriez-vous désigné comme « homme de l’année 2019 » ?

Le métropolite Hilarion : J’aurais choisi Sa Béatitude le  métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine. Je pense que c’est un pasteur hors du commun, qui est parvenu, dans une situation extrêmement difficile – je parle de l’octroi du tomos d’autocéphalie aux schismatiques par le patriarche Bartholomée, lorsque des pressions colossales s’exerçaient sur l’Église ukraienne pour l’attirer au schisme – à se tirer avec honneur de toutes les épreuves. L’Église orthodoxe ukrainienne a traversé ces mêmes épreuves avec lui et s’en trouve consolidée.

E.Gratcheva : Merci, Monseigneur.

Le métropolite Hilarion : Merci, Ekaterina.

Dans la seconde partie de l’émission, le métropolite Hilarion a répondu aux questions posées par les téléspectateurs sur le site du programme « L’Église et le monde ».

Question : Un orthodoxe peut-il faire un emprunt à la banque et profiter des pourcentages d’un compte d’épargne ?

Le métropolite Hilarion : D’un côté, nous observons le commandement du Seigneur Jésus Christ « on ne peut servir Dieu et mammon » (Mt 6,24) ; les canons de l’Église, par ailleurs, interdisent aux clercs de pratiquer l’usure, que les Pères de l’Église ont souvent dénoncée.

D’un autre côté, le système bancaire consiste, d’une part, à accorder des crédits aux clients, d’autre part, à conserver leur argent, celui-ci rapportant en pourcentages. Si l’on ne fait pas d’emprunt, si l’on n’épargne pas, il n’y a pas besoin de recourir aux banques ce qui, à l’heure actuelle, est pratiquement impossible. Avoir un compte épargne n’est pas un péché en soi. Bien plus, lorsque vous confiez votre argent à la banque, même s’il s’agit d’une banque très stable, il existe toujours un risque : ces pourcentages que vous recevez, c’est le prix du risque que vous prenez en déposant votre argent dans une banque. C’est la raison pour laquelle les pourcentages diffèrent d’une banque à l’autre, en fonction du niveau de risque.

Quant aux crédits, on peut, bien entendu, faire un emprunt à la banque, mais à condition d’être certain de pouvoir s’en acquitter par la suite. Sinon, en prenant un emprunt que vous ne pourrez pas rembourser, vous risquez de devenir captif du système bancaire. Vous vous exposez vous-mêmes, vous prenez des risques pour vous-mêmes, mais vous exposez aussi, dans bien des cas, votre famille. Il faut donc vous montrer très prudents dans vos rapports avec les banques. Mon conseil : ne pas s’engager dans des opérations à risques.

Question : Que veulent dire les inscriptions et les lettres sur la croix ?

Le métropolite Hilarion : Les croix, dans la tradition orthodoxe, sont souvent couvertes d’inscriptions. Lorsqu’on représente la crucifixion, au-dessus de la tête de Jésus Christ on place l’inscription « Jésus de Nazareth, Roi des Juifs ». Elle est souvent réduite aux quatre lettres INRI. On trouve aussi souvent les lettres IC et XC qui, en grec, désignent Jésus Christ. On peut lire parfois, près de la croix, les lettres NIKA, mot grec signifiant « victoire », indiquant que le croix est le signe de la victoire du Seigneur Jésus Christ sur la mort.

Ensuite, sur certaines croix on représente parfois les instruments de la passion : la lance, dont fut percé le côté du Sauveur, l’éponge, qui fut portée à ses lèvres au bout d’une perche. Près de ces objets, on place souvent la première lettre de chacun d’eux.

On trouve aussi, représentés sous la croix, un crâne et deux os. Selon une tradition, le Seigneur Jésus Christ fut crucifié sur la tombe même du premier homme, Adam. Le sang rédempteur de Jésus Christ, qui s’écoula de Son côté, parvint à la tête d’Adam. Ce crâne et ces os sont souvent accompagnés de la première lettre des mots « tête » et « Adam » en slavon d’église.

Enfin, on trace aussi souvent à côté de la croix quatre lettres slavonnes désignant le cantique liturgique où il est dit que « le calvaire s’est transformé en paradis ». On y retrouve, encore une fois, l’idée du rachat, de la rédemption qui donne son sens aux souffrances du Seigneur Jésus Christ. Lorsque le Seigneur était sur la croix, l’un des larrons lui dit : « Souviens-toi de moi, Seigneur, lorsque tu viendras dans Ton Royaume » (Lc 23,42). Le Seigneur lui répondit : « Aujourd’hui tu seras avec Moi au paradis » (Mc 23,43). C’est ce que nous rappelle la croix du Seigneur et les lettres qu’on dessine parfois autour.

Question : Jésus Christ a prié son Père « que tous soient un, comme Toi, Père, Tu es en moi, et comme Je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en Nous » (Jn 17,21). Or, les chrétiens n’ont pas conservé cette unité. Pourquoi ?

Le métropolite Hilarion : Le problème de l’Église chrétienne, depuis le début, a été que Jésus l’a fondée sur la terre, et qu’elle se compose d’hommes. S’Il avait voulu une Église sans problèmes, Il l’aurait fondée avec des anges. Mais l’Église, c’est nous, et chacun de nous a des défauts et des vices qui lui posent problèmes dans ses échanges avec les autres.

Ces problèmes existent dans les échanges entre Églises. Il peut s’agir de problèmes théologiques ou de problèmes purement politiques. Il y a des divisions qu’il est possible de surmonter, et il y a celles qui existent depuis des siècles. Le devoir du chrétien est de s’efforcer de contribuer à surmonter ces divisions. Mais attention, il y a ce que nous pouvons faire, il y a ce qui n’est pas de nos forces, et ce que seul le Seigneur peut accomplir. Il entre dans nos capacités, par exemple, de rencontrer les catholiques, d’échanger avec eux, de découvrir leur foi, de leur parler de la nôtre, de s’efforcer de parvenir à une meilleure compréhension mutuelle. Mais quant à savoir s’ils nous croiront, s’ils partageront notre position, s’ils nous entendront et si la réunification aura finalement lieu, il n’y a que le Seigneur qui le puisse. Notre devoir est d’y travailler, mais l’unité de tous les chrétiens est entre les mains de Dieu.

J’aimerais terminer cette émission par ces mots du Seigneur, dans l’Évangile selon saint Jean : « Il y aura un seul troupeau, un seul berger » (Jn 10,16).

Bonne continuation à tous, que le Seigneur vous garde !

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