Le 24 octobre 2011, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou et recteur de l’École doctorale Saints-Cyrille-et-Méthode s’est rendu à l’Institut d’état des relations internationales de Moscou (MGIMO), de l’Université de Moscou. Devant le nouveau bâtiment de l’Université, le métropolite a été accueilli par Y. Skvortsov, doyen de la faculté de journalisme international et l’archiprêtre Igor Fomine, prêtre de la cathédrale Notre-Dame-de-Kazan sur la Place Rouge, recteur de l’église Saint-Alexandre-Nevski, en construction sur le domaine universitaire. Mgr Hilarion était accompagné de M. Palassio, du Secrétariat aux affaires de l’étranger lointain (DREE).

Dans sa conférence prononcée devant les enseignants et les étudiants, le métropolite Hilarion a évoqué l’histoire et le travail du DREE. S’adressant aux étudiants de l’Institut, il a souligné : « Le travail du Département et la matière que vous devrez appliquer se recoupent. Un grand nombre de questions que nous serons amenés à résoudre nous sont donc communes ».

Le hiérarque a rappelé que le Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou a été créé en 1946, l’année qui suivit la Seconde guerre mondiale. « C’était l’époque où une pause était enfin accordée à l’Église après les terribles persécutions des années 1920-30, a souligné Mgr Hilarion. Le pouvoir soviétique s’était donné pour objectif d’anéantir complètement l’Église et il a appliqué à cet effet les méthodes les plus brutales et les plus inhumaines, privilégiant la liquidation physique du clergé et la destruction des églises. Avant la guerre, l’Église orthodoxe russe ne comptait plus que 4 évêques en fonction, contre plus de 300 avant la révolution. Presque toutes les églises étaient fermées, ainsi que les établissements d’enseignement religieux et les monastères. La situation a changé pendant la guerre, le gouvernement a pris conscience de l’importance de l’Église pour éveiller les sentiments patriotiques du peuple. L’état a donc rectifié sa politique envers l’Église. Staline a invité les trois principaux métropolites de l’Église orthodoxe russe. Cette rencontre historique a modifié radicalement la position de l’Église. Les changements qui se produisirent lui permirent durant la période qui suivit de créer des structures assurant son fonctionnement non seulement sur le territoire de l’Union soviétique, mais également hors de ses frontières. La tâche du Département des relations ecclésiastiques extérieures consistait avant tout à assurer le contact de l’Église orthodoxe russe avec le monde extérieur ».

Le métropolite Hilarion a précisé qu’à l’heure actuelle le DREE était chargé des relations interchrétiennes et inter-orthodoxes. Il coopère également avec les organisations internationales étrangères (ONU, UNESCO, etc), travaille avec les russes immigrés dans différents pays. Ces derniers temps, le dialogue interreligieux prend de plus en plus d’importance du fait de la montée des persécutions contre les chrétiens dans différentes régions du monde, en particulier au Moyen Orient. Le métropolite a également évoqué la préparation du Concile pan-orthodoxe. Il a longuement parlé des relations avec l’Église catholique romaine et les églises et communautés protestantes, de l’importance de la résistance commune au terrorisme et à l’extrémisme, d’une réponse commune aux défis de la modernité, soit le sécularisme et la libéralisation de la doctrine chrétienne dans certains pays protestants.

L’histoire du DREE a été marquée par la présidence du métropolite Cyrille de Smolensk et de Kaliningrad, aujourd’hui Patriarche de Moscou et de toute la Russie. Il a présidé le département durant les années difficiles de la perestroïka. La tâche principale du DREE consistait alors à établir de bonnes relations entre l’Église et le gouvernement. Le métropolite Cyrille a dirigé l’élaboration des Fondements de la doctrine sociale de l’Église orthodoxe, présentés au Concile épiscopal jubilaire de l’an 2000. Ce document expose entre autres la position de l’Église sur ses rapports avec l’état et sur différents problèmes de la société contemporaine.

A l’issue de la conférence, les enseignants et les étudiants du MGIMO ont pu poser de multiples questions au métropolite Hilarion. Les auditeurs se sont particulièrement intéressés au développement des relations avec l’Église russe hors-frontières après sa réunion au Patriarcat de Moscou en 2007, aux possibles solutions à apporter au problèmes du schisme ukrainien. Les questions portaient également sur la collaboration du DREE avec l’Institut des relations internationales, l’introduction du cours « Bases des cultures religieuses et de l’éthique profane » dans les écoles, le développement des syndicats étudiants, le problème de la sécurité des lieux saints au Kosovo et en Métochie.

A la fin de la rencontre, le métropolite a remis à la bibliothèque de l’Institut un exemplaire du livre publié à l’occasion du 65e anniversaire du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou.