La récente lecture du Coran par des leaders musulmans, le 29 mai 2020, à l’église Sainte-Sophie, érigée dans la première moitié du VIe siècle à Constantinople (aujourd’hui Istanbul) fait craindre pour l’actuel statut de musée de ce monument.

Le 6 juin, commentant la situation à la demande de la présentatrice de l’émission « l’Église et le monde », E. Gratcheva, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a rappelé que le site de l’église Sainte-Sophie était devenu musée en 1934, à l’initiative de Kemal Atatürk. Depuis 1985, il est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

« Pour des millions de chrétiens dans le monde entier, en particulier pour les orthodoxes, cette église est le symbole de Byzance, le symbole de l’Orthodoxie, a souligné l’archipasteur. Elle a été bâtie au VIe siècle par l’empereur Justinien comme église orthodoxe, et n’était pas seulement un miracle d’architecture pour son époque, mais aussi la principale église orthodoxe de l’Empire romain d’Orient. Cette église nous est chère, à nous, Russes, parce que ce fut là que les ambassadeurs du prince Vladimir, assistant à l’office, sentirent qu’ils ne savaient pas s’ils se trouvaient « sur la terre ou au ciel », et voulurent en parler au prince Vladimir. A la suite de cette ambassade, le prince Vladimir prit la décision historique de baptiser la Rus’ ».

« Toute tentative de modifier l’actuel statut de l’église Sainte-Sophie, qui est aujourd’hui un musée, entraînera une dégradation des fragiles équilibres interconfessionnels et interreligieux qui existent actuellement » a déclaré le préisdent du DREE.

Monseigneur Hilarion a exprimé l’espoir que « cette église resterait un musée, que l’accès en serait ouvert à tous ceux qui le souhaitent et que ce genre de manifestation ne viendra pas provoquer une tension interreligieuse ».