Le 10 novembre 2019, 21e dimanche après la Pentecôte, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a célébré la Divine liturgie à l’église Saint-Nicolas des Kotelniki, métochion patriarcal de l’Église des terres tchèques et de Slovaquie à Moscou, qui fêtait ce jour le 20e anniversaire de sa fondation.

Le métropolite Hilarion concélébrait avec le métropolite Niphon de Philippopolis, représentant du patriarche d’Antioche et de tout l’Orient auprès du patriarche de Moscou et de toute la Russie, l’archevêque Michel de Prague et des terres tchèques, l’évêque Antoine de Moravica, représentant du patriarche serbe auprès du patriarche de Moscou et de toute la Russie, l’archiprêtre Nicolas Balachov, vice-président du DREE, l’archimandrite Séraphin (Chemiatovski), représentant de l’Église orthodoxe des terres tchèques et de Slovaquie auprès du patriarche de Moscou et de toute la Russie, l’archiprêtre Daniel Andreiuk, représentant de l’Église orthodoxe en Amérique auprès du patriarche de Moscou et de toute la Russie, l’archiprêtre Kakhaber Gogotichvili, clerc de l’Église orthodoxe géorgienne, l’archiprêtre Nicolas Lichtcheniouk, recteur du métochion de l’Église orthodoxe russe à Karlovy Vary, etc.

L’ambassadeur de la République slovaque en Fédération de Russie, P. Priputen, l’ambassadeur de la République argentine en Fédération de Russie, R. Lagorio, avec son épouse, des représentants de la direction de l’Institut du dialogue interreligieux, arrivés d’Argentine, le recteur de l’Université pédagogique de Moscou, A. Loubkov, la président du Conseil de tutelle de la Fondation Sainte-Élisabeth-Saint-Serge, A. Gromova, assistaient à l’office.

Après l’ecténie instante, le métropolite Hilarion a prié pour la paix en Ukraine.

A la fin de la liturgie, l’archimandrite Séraphin (Chemiatovski), recteur de la paroisse, a souhaité la bienvenue au métropolite Hilarion, qu’il a remercié de sa sollicitude envers le métochion, avant de lui offrir un encolpion.

L’archimandrite Séraphin a aussi chaleureusement remercié les représentants des Églises orthodoxes locales de leur participation à cette liturgie.

L’archevêque Michel de Prague et des terres tchèques a lu le message de félicitations de Sa Béatitude le métropolite Rostislav des Terres tchèques et de Slovaquie à l’occasion du 20e anniversaire de la fondation du métochion de cette Église orthodoxe. Sa Béatitude soulignait, notamment, dans son message, qu’en 1999 Sa Sainteté le patriarche Alexis II et Sa Béatitude le métropolite Dorothée avaient consacré ensemble l’église Saint-Nicolas, et institué la représentation de l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie.

L’archevêque Michel de Prague et des terres tchèques a remis à l’archimandrite Séraphin (Chemiatovski) l’ordre Saints-Cyrille-et-Méthode (II classe), une décoration de l’Église orthodoxe des terres tchèques et de Slovaquie.

L’archiprêtre Daniel Andreiuk a lu le message de Sa Béatitude l’archevêque Tikhon de Washington, métropolite de toute l’Amérique et du Canada.

« L’Église orthodoxe en Amérique a sa représentation à Moscou, l’église Sainte-Catherine. La représentation joue un rôle très important ; elle doit entretenir : la foi commune par le dialogue, la concorde par des rapports amicaux, et l’unité par la concélébration de l’Eucharistie. Par les prières de sainte Catherine, martyre pour la foi, et de saint Nicolas, remarquable exemple d’authentique pasteur chrétien, que nos efforts pour la sauvegarde de la foi orthodoxe, de l’amitié et de l’unité dans le Corps et le Sang du Christ soient bénis et couronnés de succès », déclarait Mgr Tikhon dans ce message.

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk a souhaité une bonne fête à l’assistance au nom du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la  Russie :

« Le 20e anniversaire du métochion de l’Église orthodoxe des terres tchèques et de Slovaquie est un évènement marquant, qui témoigne des liens solides entre l’Église orthodoxe des terres tchèques et de Slovaquie et l’Église orthodoxe russe. Nos deux Églises doivent leur existence et leur organisation liturgique aux efforts de saint Cyrille et de saint Méthode, égaux aux apôtres, qui évangélisèrent les terres slaves et traduisirent en slavon les Saintes Écritures et les livres liturgiques. Mais ce qui nous réunit en un seul organisme, c’est le Seigneur Jésus Christ Lui-même, le Fondateur de notre Église ».

« Jésus Christ, s’entretenant avec l’apôtre Pierre, lui dit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre, Je bâtirai mon Église, et les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle » (Mt 16,18). Au cours des siècles, ces paroles du Sauveur ont été diversement interprétées. Certains ont dit que l’Église était bâtie sur la pierre, qui est l’apôtre Pierre, par conséquent l’apôtre Pierre et ses successeurs sont le fondement de l’Église. Mais l’apôtre Pierre dit lui-même dans son épître que cette interprétation est incorrecte, et que la pierre angulaire de l’Église est le Seigneur Jésus Christ. Aucun homme ne peut remplacer cette pierre angulaire, ce fondement divin de l’Église.

L’Église est fondée sur le Seigneur Jésus Christ, Il est la pierre angulaire, et Il est la Tête. Tout homme qui prétend se mettre à la tête de l’Église risque d’être rejeté hors de l’unité de l’Église du Christ.

L’unité des saintes Églises orthodoxes s’appuie sur l’unité de foi, sur l’unité dogmatique et sur la tradition canonique. L’unité de foi signifie que nous croyons en un seul Dieu, le Père tout-puissant ; nous croyons en Son Fils unique, notre Dieu et notre Sauveur ; nous croyons au Saint-Esprit, Dieu et Consolateur, qui procède du Père ; nous croyons en l’Église une, sainte, catholique et apostolique ; nous confessons le baptême et les autres Sacrements de l’Église. Nous croyons en la résurrection des morts et dans la vie du siècle à venir.

Ces fondements de notre foi sont énumérés dans le Symbole de foi. A la Divine liturgie, avant que le célébrant prie Dieu d’envoyer l’Esprit Saint sur le pain et le vin, pour qu’ils deviennent Corps et Sang du Christ, nous chantons tous ensemble le Symbole de foi pour nous rappeler les uns aux autres et à nous-même les fondements divins de notre Église, les dogmes divins, sur lesquels est bâtie notre Église.

Les dogmes mis à part, il y a aussi des vérités théologiques qui ne peuvent être mises en doute ou soumises à la critique. L’Église a les divins canons, règles morales et disciplinaires qu’il n’est permis à personne d’enfreindre. Nos Églises sont unies par la tradition dogmatique et canonique, fondée sur le Seigneur Jésus Christ Lui-même, sur la doctrine de Ses saints apôtres et sur toute une tradition de deux mille ans, c’est-à-dire sur la tradition bimillénaire sacrée de notre sainte Église. Il n’est permis à personne d’ébranler ces fondements sacrés, dogmatiques ou canoniques, sans s’éloigner de l’Église, temporairement, peut-être, sauf s’il ne se repent pas, auquel cas sa destinée éternelle sera déterminée par cette séparation d’avec l’Église.

Aujourd’hui, nous en sommes témoins, certains hiérarques, certains chefs d’Église, sous l’effet de pressions extérieures, sous l’influence des circonstances et de la conjoncture politique, prennent des décisions incompatibles avec la tradition dogmatique et canonique de l’Église. Entendant dire qu’un primat ou un hiérarque adopte semblable décision, on se demande chaque fois : à qui le tour, et combien de temps cela va-t-il durer ?

Il reste à accepter calmement et résolument ce qui se passe car, comme dit l’Ecclésiaste, rien de nouveau sous le soleil (Ec 1,9). Tout ce qui se passe dans l’Église aujourd’hui s’est déjà produit dans les siècles précédents. L’histoire de l’Église montre que des primats et des hiérarques puissants se sont écartés de la tradition dogmatique ou canonique de l’Église, voire des deux. L’Église a effacé leurs noms de son histoire, comme il nous arrive de rayer certains noms de nos dyptiques.

Mais l’histoire de l’Église continue et continuera. L’unité de l’Église demeure et demeurera. Rassemblés devant l’autel de Dieu, nous élevons chaque fois notre prière au Seigneur, nous confessons la foi au Père, au Fils et au Saint-Esprit, à l’Église une, sainte, catholique et apostolique. Cette unité, nous ne la déclarons pas seulement, nous la ressentons. Elle se réalise dans l’unité de la Sainte Eucharistie, dans la communion au Corps divin et au précieux Sang de notre Seigneur Jésus Christ. »

Le métropolite Hilarion a chaleureusement remercié les représentants des Églises locales ayant pris part à la célébration. « Je suis heureux que nous ayons célébré aujourd’hui au métochion de l’Église des Terres tchèques et de Slovaquie pour fêter son 20e anniversaire » a déclaré Mgr Hilarion.

Le président du DREE a aussi félicité l’archimandrite Séraphin (Chemiatovski), recteur du métochion, lui souhaitant de continuer à « accomplir dignement et avec zèle l’obédience que l’Église orthodoxe des terres tchèques et de Slovaquie vous a confiée ».

Ensuite, le métropolite Hilarion, au nom de Sa Sainteté le patriarche Cyrille, et le métropolite Michel de Prague et des terres tchèques, ont remis à plusieurs personnes des distinctions de leurs Églises respectives.