Pendant son séjour à Moscou, Sa Béatitude le patriarche Jean X d’Antioche et de tout l’Orient a répondu aux questions des journalistes russes, commentant, notamment, la situation de l’Église en Ukraine.

Dans une interview à la chaîne de télévision RT, Sa Béatitude a souligné : « A propos de la situation de l’Église dans l’état ukrainien, je peux exprimer mes regrets, car ces actes ont porté tort à l’Église orthodoxe. Nous espérions que les mesures prises ne seraient pas aussi rapides, que la majorité des opinions des autres Églises serait prise en compte, et que les consultations permettraient de parvenir à un accord. Il est arrivé ce qui est arrivé, et nous demandons au Seigneur de nous aider à trouver des moyens acceptables pour résoudre ce problème. L’unité orthodoxe, c’est la ligne rouge à ne pas franchir. Le respect des frontières géographiques des Églises orthodoxes est une tradition sacrée. »

Selon le primat de l’Église orthodoxe antiochienne, le schisme ukrainien a aussi des causes extérieures à l’Église. « Certes, il y a eu une ingérence politique dans les affaires ecclésiastiques, a souligné Sa Béatitude. Si la politique se mèle des affaires de l’Église, il s’ensuit forcément des discordes et des schismes. »

Le patriarche Jean estime que la solution réside uniquement dans une concertation collégiale sur la situation. « C’est le seul format possible, a-t-il constaté. Sur le modèle d’une famille dont l’un des membres est malade. Les points de vue peuvent différer, naturellement, il peut y avoir des divergences, mais, grâce au dialogue, grâce à l’empathie et à la concorde entre les participants, on peut trouver un moyen de guérison, un moyen pour résoudre les problèmes survenus dans la famille. C’est pourquoi le dialogue reste, indiscutablement, la seule méthode possible. »

Dans un entretien avec le correspondant de RIA-Novosti, le patriarche Jean a raconté que l’Église d’Antioche avait prié plusieurs fois le patriarche Bartholomée, dans un esprit de charité, « de se rencontrer tous ensemble pour discuter de la situation en Ukraine, qu’il convoque les primats des Églises orthodoxes locales, afin de parler de tous les problèmes dans la famille orthodoxe, notamment de ce sujet. » Avec les primats des autres Églises – les patriarches d’Alexandrie et de Serbie, les archevêques de Chypre, de Grèce, d’Albanie, nous avons tenter d’obtenir une rencontre générale pour discuter de ce thème. Malheureusement, cela n’a pas encore eu lieu » a témoigné Sa Béatitude.

« Dans ce genre de cas, a dit le patriarche Jean d’Antioche, le dialogue, la concorde entre Églises orthodoxes sont toujours nécessaires, aussi bien concernant ce qui se passe en Ukraine que l’apparition d’une « nouvelle église », il faut un avis collégial, une solution qui soit celle de toutes les Églises orthodoxes. »

Dans une interview à « Interfax-religion », Sa Béatitude s’est dit certain de la possibilité d’une telle rencontre. « Nous avons des relations franches et ouvertes avec les chefs des Églises orthodoxes locales, ce qui garantit le succès du dialogue » a témoigné le primat de l’Église antiochienne. « On peut résoudre tous les problèmes en se rencontront et en dialoguant ».

Il a assuré qu’un consensus panorthodoxe sur l’octroi de l’autocéphalie était nécessaire. « L’accord de l’Église-Mère, celle à laquelle appartient l’Église prétendant à l’autocéphalie, est d’autant plus nécessaire, a souligné le primat de l’Église orthodoxe antiochienne, répondant au journaliste de RIA-Novosti. Nous prions pour que le Seigneur donne de résoudre le problème en terre d’Ukraine. »

Répondant au correspondant d’ « Interfax », Sa Béatitude le patriarche Jean X d’Antioche et de tout l’Orient a parlé de l’unité orthodoxe. « Toutes les Églises locales croient qu’elles constituent une seule Église. Nous représentons l’Église d’Antioche, mais ici, à Moscou, nous sentons que nous formons ensemble une seule famille, qe nous sommes les croyants d’une seule Église. C’est très important, malgré les possibles divergences. Il y a toujours eu des divergences dans l’histoire de l’Église, de même qu’il se produit toujours des disputes entre frères dans une famille, mais nous n’en restons pas moins une seule famille. »