Poursuivant son pèlerinage aux sanctuaires de Jérusalem, le 12 novembre 2012, le Primat de l’Église russe a visité le monastère Sainte-Marie-Madeleine de Gethsémani.

Le Patriarche a célébré un office d’intercession devant les reliques de la sainte grande-duchesse Elisabeth et de la sœur Varvara.

L’higoumène Elisabeth (Schmelz), supérieure du monastère a accueilli le Patriarche Cyrille. Mère Elisabeth a offert à Sa Sainteté un portrait de l’épouse de l’empereur Alexandre II, l’impératrice Maria Alexandrovna, soulignant qu’elle avait beaucoup aidé le fondateur de la « Palestine russe », le père Antonin (Kapoustine).

Le Primat de l’Église orthodoxe russe s’est adressé aux hiérarques, aux moniales et aux pèlerins présents, disant notammant :

« … Ma pensée s’attarde à l’œuvre de toute la vie du père Antonin (Kapoustine). C’est lui qui a suggéré l’idée de construire ici une église et un monastère aux grands-ducs Serge Alexandrovitch et Paul Alexandrovitch lorsqu’ils vinrent à Jérusalem avec leur cousin le grand-duc Constantin. Les deux frères ont alors souhaité que cette église soit dédiée à la mémoire de leur pieuse mère Maria Alexandrovna.

L’impératrice Maria Alexandrovna était une femme étonnante, dont on n’a peut-être, pas encore assez parlé. Notre peuple connaît mal sa vie et encore moins son cheminement spirituel (…)

On sait que le désir du père Antonin (Kapoustine), soutenu par les grands-ducs, s’est réalisé et que cette église a été consacrée en 1888 en présence du grand-duc Serge et de son épouse Elisabeth, qui n’était pas encore orthodoxe. Suivant certains, c’est la visite en Terre sainte et plus particulièrement de cet endroit qui a disposé son âme à se convertir à l’Orthodoxie. Et nous savons qu’elle n’est pas devenu orthodoxe par nécessité (…) mais par conviction. Tout ce qui lui est arrivé par la suite témoigne de la profondeur et de la force de la foi avec laquelle elle a intégré la Sainte Orthodoxie.

Lorsque les nuages se sont accumulés au-dessus de la patrie, Elisabeth Feodorovna n’a pas choisi la voie la plus facile. Elle aurait pu se sauver, mais elle est restée avec son peuple souffrant devenu fou à cause du mensonge et des séductions des idées athéistes, qui (…) s’est révolté aussi contre Dieu. Et Elisabeth Feodorovna a été la victime de cette révolte (…)

L’Église russe a portée en elle pendant longtemps la marque des atroces divisions qui avaient atteint notre peuple. Mais par la grâce de Dieu, par les prières des saints martyrs impériaux, des nouveaux martyrs et des confesseurs, parmi lesquels la grande-duchesse Elisabeth et la sœur Varvara la communion spirituelle, canonique et eucharistique des parties de l’Église russe divisées par la volonté mauvaise de l’homme.

Nous avons déjà ressenti la joie immense et le grand profit de cette réunion. Nous sommes effectivement une seule Église, un seul peuple de Dieu rassemblé autour de l’autel divin et se nourrissant du même Corps et du même Sang du Christ. Je crois que la réunion de l’Église russe est un signe de ce que la miséricorde de Dieu dans l’histoire peut permettre de dépasser les épreuves et les afflictions les plus pénibles (…) Les chaînes sont tombées en quelques jours et notre Église a pu se réunir et surtout témoigner des voies inexplicables du Seigneur.

Comprendre ces voies, c’est être fidèle au Seigneur, dans la gloire comme dans l’affliction, la joie ou le chagrin, la maladie ou la santé. Et aujourd’hui notre peuple, à nouveau tenté par de nouveaux soubresauts d’athéïsme, qui s’appuie sur une base idéologique un peu différente mais dont l’objectif reste le même, est en danger de reproduire les épouvantables erreurs du passé. Ici, nous comprenons particulièrement à quel point il importe pour notre peuple de ne pas reculer, de ne pas reproduire ces erreurs (…)

Devant ces reliques, nous prions les saintes martyres la grande-duchesse Elisabeth et la sœur Varvara d’intercéder pour notre église, pour notre peuple (…) »

Le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie a remercié l’archevêque Marc de Berlin, d’Allemagne et de Grande-Bretagne du soin qu’il apporte à veiller sur cette partie de la Mission russe qui relève du Synode de l’Église russe hors-frontières, lui offrant une panaguia.

L’higoumène Elisabeth a reçu des mains du Patriarche une croix pectorale. Le Primat a également offert une icône de la Mère de Dieu pour l’église du monastère.